La fois où ça aurait pu être notre première fois

Publié le par Boo

shameDeux semaines déjà qu’on se tenait timidement la main en ville, qu’on mélangeait nos langues sur le canapé de mon salon, qu’on se mangeait les yeux à défaut d’autre chose.

On prenait notre temps, ça m’allait très bien.

Pour des raisons de planning, de boulot et autres obligations casse-couilles, on n’avait pas encore pu passer de soirée ensemble.

Ce soir-là, c’était la première.

Sage première, il m’avait invité dans un petit resto, glamouromantique, de ce que j’en savais.

Pour la peine, j’avais passé deux heures en ville pour dénicher la petite tenue qui le ferait bien triper. La totale : petit pull fin, noir, très classe, moulant ce qu’il faut. Jupette sage mais suffisamment courte pour être sexy. Collants noirs opaques. Et, comme un point sur le i du look chiquette, ZE bottes. Beiges, en daim délicatement plissé, gros talons carrés, bouts arrondis, et moumoute hype sur le haut. Si si, hype, à cette époque là du moins, souvenez-vous (ou alors pas ? On m’aurait menti ?)

Dans la salle de bain, à H-1, c’est le coup de feu : les cheveux, je les laisse rebelles ou je les dompte à coups d’élastiques ? Allez, jouons-là rebelle, autant l’habituer tout de suite. Le maquillage, smoky or not smoky ? On va dire or not, l’œil du panda insomniaque, c’est pas forcément une bonne idée, pour une première.
Evidemment, soucieuse du moindre détail, j’enfile une petite lingerie blanche, délicate mais sensuelle, et par-dessus, ma tenue de chiquette. Non mais vraiment, vraiment, je suis pas peu fière de moi. Surtout qu’habituellement, moi c’est plutôt jean-pull-baskets à longueur d’année. Autrement dit, ce soir, c’est carnaval. Mais finalement, ça me va pas si mal que ça, et puis surtout, je sais que c’est le look qu’il aime (à se demander pourquoi il s’est intéressé à moi, d’ailleurs... Et ça met pas du tout la pression, ce genre de petite distinction !).

H-10mn. Je suis fin prête. Ah, petit détail, avec la jolie lingerie blanche, on va mettre un protège-slip quand même.
Heure dite. DILING ! Oh mais il est parfait ce garçon, réglé comme un papier à musique ! (dès les rendez-vous suivants, je comprendrai néanmoins que lui aussi avait fait beaucoup d’efforts, pour cette première, ce soir-là… Après ça, il a plutôt été du genre à se pointer à H+30mn... Enfin bref...)

- Waouh ! Comme t’es belle ! J’t’avais jamais vu habillée comme ça avant... Ca te va trop bien !
- Ah, tu trouves (minaudais-je). Mouais, j’aime bien, des fois (gros mensonge !)

Il me prend la main, me fait tourner, admire le maquillage (« ça te fait vachement ressortir les yeux ! »), s’extasie devant la jupette (« Mais tu as de trop belles jambes ! Pourquoi tu te mets pas plus souvent en jupe ? »), bref, gratte des points. Et puis :
- Euh, tu sais, Boo...
(Aïe... Quoi quoi quoi ? C’est quoi que j’ai fait de travers ? Elle est où la faute de goût ? C’est too much mes cheveux ?)
- Tu sais... Enfin... Moi non plus je suis pas pressé hein... Enfin tu vois quoi...
(Je vois je vois  mais non, je vois pas ! Pourquoi il me dit ça ? Là, maintenant ? Y’a marqué « je suis pas pressée » sur mon front ou quoi ?)
- Ce que je veux dire...
(Mais pourquoi il a l’air à la fois aussi gêné et en même temps, oui je le vois bien, passablement hilare ?)
- ... c’est que, si tu préfères qu’on attende encore un peu...
(et pourquoi il bloque sur mes pieds en disant ça ? C’est la gêne, ou bien ?)
- ... Si tu préfères qu’on attende, dis le moi tout simplement...
(mais il va arrêter de sourire bêtement comme ça ?)
- ... Mais c’est pas la peine de le placarder sur tes bottes, tu sais...
- ...

L’ange du doute affreux a mis un petit temps à passer, avant que je n’ose baisser les yeux sur mes bottes. Ben quoi ?
Ah oui...
Oh mon dieu...
C’te honte...
La boulette...

Si je peux me permettre un conseil, à toutes les chanceuses à qui cette mésaventure n’est encore jamais arrivée : quand vous utilisez un protège-slip, assurez-vous toujours, je dis bien toujours, de l’endroit où a atterri le petit film protecteur.
Parce que si vous portez des bottes avec moumoute aspirante (oui oui, aspirante, comme de la fourrure synthétique peut aspirer les ptits bouts de plastiques légers, parfois), il y a des chances, infimes, certes, mais bien réelles, que ce si embarrassant bout de plastique vienne se coller insidieusement sur ladite moumoute. En fourbe. Par derrière.
Et y reste.

Et si vous avez en face de vous un garçon pour qui protège-slip = serviette hygiénique = elle a ses règles = du moins c’est ce qu’elle prétend = elle est pas prête, ça peut aboutir à une situation des plus... disons... délicates.

Si si je vous assure.


Je m'étais décidé à narrer cette petite anecdote dans le cadre du concours "Paul&Joe" organisé par Ophélie (du blog BeautéFéminine). Bon, elle n'a pas été sélectionnée, mais ça m'empêche pas de vous la faire partager, hein ?


Photo : Shame par mr-popo

Publié dans La fois où...

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Flo 19/04/2008 01:20

Oh purée le moment de solitude! Merci de nous le faire partager =) Quel courage de ta part!

chanil 11/04/2008 11:39

ne pas connaître tes "déboires" est une grande lacune !

le rire à portée de ligne, il a bien de la chance ton ingénieur informaticien !

ah ! le rire - on oublie trop souvent que celà fait du bien !

Gondolfo 14/03/2008 16:48

bien ri :)

fofita 14/03/2008 16:46

Excellente celle-là... La tête que tu as dû faire en découvrant ça!!! XD

jaguy 13/03/2008 22:03

hello miss boo...
c'est toujours un plaisir de te lire...
et comme toutes tes autres lectrices, ça m'a bien fait sourire cette petite mésaventure... (le principal étant que ta soirée se soit bien terminée!)