La fois où il y a eu... Gurky
Il y a 8 ans de cela, mon oncle et ma tante aurait pu adopter un chien.
Il aurait pu s’appeler Nonos, ou Batman. Il aurait ramené la balle aux enfants, et dégommé quelques verres sur la table basse avec sa queue. Mais, finalement, on aurait trouvé ça attendrissant.
Une fois par an, ma tante aurait râlé à l’idée d’attendre deux heures dans la salle d’attente du véto pour le vaccin annuel, avant de se dire que, tout compte fait, deux heures c’était rien en comparaison d’une longue vie de bon chien en bonne santé.
Batman - ou Nonos - aurait peut-être eu une phobie – celle des hérissons, ou des feux d’artifice – et les soirs, aux repas de famille, on se serait raconté, dans des éclats de rires, la dernière trouille du cabot. La fois où il aurait dégommé la moustiquaire de la porte d’entrée pour fuir les échos du Splinter Cell sur lequel se défoulaient les enfants, par exemple. Ou le jour où il se serait retrouvé perché en haut de la murette parce qu’un hérisson avait élu domicile dans sa niche. Sacré Batman !
Il aurait adoré joué avec les abricots tombés de l’arbre, ou enterré les pignes de pins qui jonchent la terrasse. L’hiver, il aurait tenté de se faire tout petit, contre la cheminée, pour qu’on oublie de le mettre dehors pour la nuit. Parfois, il y serait arrivé.
Oui, il y a 8 ans, mon oncle et ma tante aurait pu adopter un chien.
Au lieu de ça, ils ont adoptés un cochon.
Il ne s’appelle pas Copain, comme cochon. Non. Il s’appelle Gurky, comme euh... Gurky.
Mais si, Gurky, souvenez-vous, dans Taram et le chaudron magique : ce petit animal bestiole sorte de truc poilu, qui croque des pommes et court se planquer au premier flappement d’aile de griffus. Gurki, cette petite bête facétieuse et trouillarde, qui a une tchatche d’enfer et une trogne adorable, vous voyez ?
Ben notre Gurki à nous, pas du tout.
Notre Gurky-cochon mesure 1m de long, pèse 55kg, et son ventre arrive à 2cm de la terre ferme.
Il a deux monstrueuses défenses, orientées à la quasi horizontale. Oui, comme un sanglier, voilà.
Pourtant, quand mon oncle et ma tante ont adopté Gurki, c’était censé être un cochon nain. Vietnamien. De ceux qui ne dépasse pas les 10 kilos, et que l’on peut balader comme des caniches au bout d’une petite laisse chiquette. Mais, hasard de la génétique ou arnaque de la ferme animalière, Gurki n’est ni nain, ni vietnamien. Quant à le balader au bout d’une laisse, vous pouvez toujours essayer, mais perso moi je m’y risquerai pas.
Quand Gurky a faim, plus personne ne peut l’arrêter. Il sait où sont cachées les boîtes du chat, les sors de leur tiroir à la force du groin, et les broie entre ses mâchoires. A la fin de l’été, il se rue sous l’abricotier et se goinfre comme un mort-de-faim, en faisant claquer les noyaux sous les meules qui lui tiennent lieu de dents. En fait, quand Gurki a faim, absolument rien de l’arrête.
Gurky a toujours faim.
On a un dicton, dans la famille : Qui ne débarrasse pas la table ira nourir Gurky dans l'étable.
On a une habitude, dans la famille, de toujours tout bien débarrasser la table...
Sauf que dimanche dernier, au repas de famille, au moment de débarraser, il se trouve que j'étais au téléphone. Avec mon boss. Pardon hein...
Excuse non validée.
Sales chacaux !
C'est donc la main tremblante que je poussais la porte de l'enclos de la bête (enclos qui n'est pas du tout une étable, mais tous les moyens sont bons pour faire de la rime).
Gurky dormait comme un soneur. Vautré dans sa paille. Apparemment, il n'avait plus faim : fait rarrissime, il avait même laissé une pomme. Elle trainait là, abandonnée, devant son groin...
Ca m'a donné une idée, subitement...
Et plus je regarde Gurky, plus je me dis que finalement, j’ai comme un petit creux...

Il aurait pu s’appeler Nonos, ou Batman. Il aurait ramené la balle aux enfants, et dégommé quelques verres sur la table basse avec sa queue. Mais, finalement, on aurait trouvé ça attendrissant.
Une fois par an, ma tante aurait râlé à l’idée d’attendre deux heures dans la salle d’attente du véto pour le vaccin annuel, avant de se dire que, tout compte fait, deux heures c’était rien en comparaison d’une longue vie de bon chien en bonne santé.
Batman - ou Nonos - aurait peut-être eu une phobie – celle des hérissons, ou des feux d’artifice – et les soirs, aux repas de famille, on se serait raconté, dans des éclats de rires, la dernière trouille du cabot. La fois où il aurait dégommé la moustiquaire de la porte d’entrée pour fuir les échos du Splinter Cell sur lequel se défoulaient les enfants, par exemple. Ou le jour où il se serait retrouvé perché en haut de la murette parce qu’un hérisson avait élu domicile dans sa niche. Sacré Batman !
Il aurait adoré joué avec les abricots tombés de l’arbre, ou enterré les pignes de pins qui jonchent la terrasse. L’hiver, il aurait tenté de se faire tout petit, contre la cheminée, pour qu’on oublie de le mettre dehors pour la nuit. Parfois, il y serait arrivé.
Oui, il y a 8 ans, mon oncle et ma tante aurait pu adopter un chien.
Au lieu de ça, ils ont adoptés un cochon.
Il ne s’appelle pas Copain, comme cochon. Non. Il s’appelle Gurky, comme euh... Gurky.
Mais si, Gurky, souvenez-vous, dans Taram et le chaudron magique : ce petit animal bestiole sorte de truc poilu, qui croque des pommes et court se planquer au premier flappement d’aile de griffus. Gurki, cette petite bête facétieuse et trouillarde, qui a une tchatche d’enfer et une trogne adorable, vous voyez ?
Ben notre Gurki à nous, pas du tout.Notre Gurky-cochon mesure 1m de long, pèse 55kg, et son ventre arrive à 2cm de la terre ferme.
Il a deux monstrueuses défenses, orientées à la quasi horizontale. Oui, comme un sanglier, voilà.Pourtant, quand mon oncle et ma tante ont adopté Gurki, c’était censé être un cochon nain. Vietnamien. De ceux qui ne dépasse pas les 10 kilos, et que l’on peut balader comme des caniches au bout d’une petite laisse chiquette. Mais, hasard de la génétique ou arnaque de la ferme animalière, Gurki n’est ni nain, ni vietnamien. Quant à le balader au bout d’une laisse, vous pouvez toujours essayer, mais perso moi je m’y risquerai pas.
Quand Gurky a faim, plus personne ne peut l’arrêter. Il sait où sont cachées les boîtes du chat, les sors de leur tiroir à la force du groin, et les broie entre ses mâchoires. A la fin de l’été, il se rue sous l’abricotier et se goinfre comme un mort-de-faim, en faisant claquer les noyaux sous les meules qui lui tiennent lieu de dents. En fait, quand Gurki a faim, absolument rien de l’arrête.
Gurky a toujours faim.
On a un dicton, dans la famille : Qui ne débarrasse pas la table ira nourir Gurky dans l'étable.
On a une habitude, dans la famille, de toujours tout bien débarrasser la table...
Sauf que dimanche dernier, au repas de famille, au moment de débarraser, il se trouve que j'étais au téléphone. Avec mon boss. Pardon hein...
Excuse non validée.
Sales chacaux !
C'est donc la main tremblante que je poussais la porte de l'enclos de la bête (enclos qui n'est pas du tout une étable, mais tous les moyens sont bons pour faire de la rime).
Gurky dormait comme un soneur. Vautré dans sa paille. Apparemment, il n'avait plus faim : fait rarrissime, il avait même laissé une pomme. Elle trainait là, abandonnée, devant son groin...
Ca m'a donné une idée, subitement...
Et plus je regarde Gurky, plus je me dis que finalement, j’ai comme un petit creux...

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