Boo et les Conquérants de la Nature
Être écolo, c’est hype.
Recycler, c’est tendance.
Rouler à vélo, c’est la branche-attitude.
Et te foutre la honte parce que tu as osé jeter ta bouteille de pinard dans la poubelle à ordures de ton quartier, c’est presque un sacerdoce pour tous les écolos en herbe cuvée second millénaire.
Pour toutes ces raisons, l’écologie, dans un premier temps, ça m’a, comme qui dirait, bien saoulé.
Transformer une conviction de vie en phénomène de mode, c’était une fausse bonne idée.
Parce que la mode, ça passe.
(Heureusement d’ailleurs... Parce que les slims et les blouses-baleine, j’espère bien qu’on va pas se les coltiner pendant 10 ans !)
Et puis, une fois qu’on sort du phénomène, restent quelques petites convictions. Personnelles, intimes, insignifiantes.
Moi, je ne suis pas écolo :
- Je n’achète pas de cosmétiques bio (bon ok, je n’achète pas de cosmétiques tout court)
- Je n’ai pas troqué ma Twingo contre une trottinette pour aller faire mes courses (c’est un coup à finir dans un fauteuil roulant en bambous)
- Je n’ai pas installé d’éolienne sur mon toit (par contre, j’ai aidé des amis à en installer une sur leur bateau, ça compte ?)
- Je ne langerai jamais mes marmots avec des couches lavables (comprenez-moi, les eaux usées de ma machine à laver atterrissent directement dans ma baignoire... Je vous fais pas un dessin)
- D’une façon générale, je ne mange pas bio (sauf pour certains produits qui n’existent quasiment que dans cette gamme, genre le quinoa)
Non, je suis pas écolo, je n’aurais jamais de bon point vert, José Bové ne viendra jamais me rouler une pelle, les écureuils de la forêt ne murmureront jamais mon nom avec dévotion.
Par contre, j’aime la nature. Et tant que faire se peut, j’essaie de lui faire du bien :
- Je fais toujours attention où je pose les pieds après une averse pour ne pas écraser les petits escargots (et quand ça m’arrive quand même, je grince fort des dents et je refoule une larme)
- Je n’achète pas les œufs des pauvres poules esquichées en batterie. Je leur préfère ceux des joyeuses poulettes qui gambadent dans la cour en pavanant devant monsieur coq.
- Je mange les fruits de saison (et pour les légumes, euh, le truc c’est que je ne sais pas toujours quand est la saison de quoi...)
- Je regarde pousser mes bambous (hallucinant la taille que ça prend en une nuit !)
- Je vermifuge et vaccine mon chat (Saucisse fulmine en me rappelant la notion de secret médical, mais trop tard, c’est dit)
Les forums écolos, les sites verts, où l’on t’assène des principes de vie comme on te mettrait un couteau sous la gorge, ça ne m’a jamais trop intéressé.
Et puis, je suis allée me balader du côté du site des Végétaliseurs.
Déjà, rien que le nom, ça m’éclate. Ca change un peu des "éco-machins" et autres "bio-trucs". Et puis ça me fait penser aux Monstroplantes dans Jayce et les Conquérants de la Lumière (dessin-animé écolo s’il en est, où de gentils humains détruisent de vilaines plantes à coup de gros 4x4 qui n’avaient sûrement pas la pastille verte).
Souvenez-vous...
Bon, revenons à nos végétaux, ceux qui ont moins de dents et plus d'intentions pacifistes. Les Végétaliseurs, c’est quoi ?
A la base, une initiative d’employés travaillant chez YvesRocher. Et puis petit à petit, l’oiseau a fait son nid et un site Internet, participatif et public, a vu le jour.
On s’y balade comme au marché, on y trouve un peu de tout. Parmi mes stands préférés :
- Le Challenge Végétal, un concours permanent renouvelé chaque mois : par exemple, pour ce mois de mai, il s’agissait de soumettre son plus beau cliché sur le thème "quand la nature se fait insolite". A gagner, un week-end au vernissage du Festival Photo à La Gacilly.
- La TVégétal : tout un tas de vidéos, du plus sérieux au plus insolite.
- Les Eco-blogs : en se promenant le long des catégories, on trouve de petites news insolites, des concepts novateurs, de bonnes idées déco. Quelques trouvailles en vrac : les tableaux végétaux, l’écosculpture, les maisons rondes Domespace ou encore la recette pour créer son mini-potager de poche. On y apprend aussi que "si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que 4 années à vivre" (selon Einstein) et pourquoi. On y rencontre enfin ce couple de scandinaves libérés qui lance le concept de porno-écolo avec leur site de vidéos porno payantes Fuck for forest.
Ca donne un coup de frais, sans coup de semonce, c’est pétillant, intelligent, bref, ça donne des envies de verdure et d’eau fraîche.
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