Girolata nous voilà !

Publié le par Boo

Jeudi 14 août

Ce coup-ci c’est décidé, tant pis pour la météo, mais il faut qu’on quitte ce mouillage de malheur. Le manque de sommeil aidant, les deux terrestres font à nouveau grise mine au fond du cockpit tandis que le petit Gnome brave fièrement la houle.
Partis assez tôt, nous arrivons à Girolata en fin de matinée.

Girolata... Il y a encore 5 ans de ça, un simple village sans route, niché au cœur d’un petit golfe, accessible seulement après 20km de marche dans le maquis... ou par mer ! Sans port, à peine un ponton pour les quelques bateaux de pêches des quelques villageois. Voilà le tableau que tout le monde nous avait peint de Girolata (prononcez Girolat', à la Corse).
Et bien pas du tout !
Certes Girolata n’est toujours pas relié au monde par une route. Certes les bateaux et la marche à pied demeurent les seuls moyens d’accès au village. Mais quel village !
Inspiré par la fièvre de la modernité, le maire de Girolata a développé son port et ses moyens de ravitaillement : à peine arrivés, nous sommes accueillis par un zodiac de la capitainerie qui nous guide jusqu’à un corps-mort, au milieu d’une cinquantaine de voiliers sagement placés en rang d’oignons. En deux mots et trois blagounettes (« c’est normal que votre hélice elle tourne dans l’air ? » se moque-t-il en désignant notre éolienne), l'employé de la capitainerie nous explique le fonctionnement du port. Ici, le maître mot est écolo, les déchets triés (les "fermentescibles" alimentent un compost géant régulièrement jeté en pleine mer, le reste est évacué par hélicoptère), les toilettes sur la plage sont sèches, mais, souligne-t-il avec fierté, « nous avons la Vifi ! »
Il n’en fallait pas plus pour dérider les deux hommes du bord, informaticiens de leur état, à gonfler la petite annexe du Gnome pour aller fureter du côté de ce réseau providentiel.
Nous nous jetons donc tous les 4 dans le minuscule boat-people pneumatique et partons visités le petit village de Girolata.

La première chose que fait un marin en touchant terre est d’aller se pinter au rhum au tâtant quelques culs à la taverne du coin.
La première chose que fait un informaticien est de se jeter sur son pc portable et se balader tout autour de la capitainerie afin de trouver le meilleur angle pour capter le wifi.

Je vous laisse imaginer le tableau...

Alors qu’il est si joli, ce petit coin reculé de tout ! Au sud de la plage, une petite crique adorable, aux eaux turquoise, accueille les baigneurs qui se refusent à barboter au milieu des bateaux et de leurs vidanges intempestives. Sur la plage, des boutiques, certes, mais construites avec goûts et dans l’esprit du lieu : bois flottés, vieilles pierres, lièges de pêche, mobilier de jardin en fer forgé. Enfin, le village, plus haut, est typique et escarpé (mais ça, les deux garçons du bord ne le verront jamais).



Le soir, nous décidons d’un commun accord de rompre, le temps d’une soirée, avec 5 jours de vie à la roots : cap sur le resto du village, et que oui nous prendrons entrée + plat + dessert ! Quel bonheur que cette salade de crudité agrémentée de charcuterie corse (alors que nous étions menacés de scorbut), cette daube de sanglier à la Pietra (bière corse) et cette glace au café et à la châtaigne ! Décidemment, la vie a plus de goût à bord d’un bateau... surtout quand on touche terre !



Vendredi 15 août

Avis de grand frais sur la côte ouest corse : nous programmons donc de rester une journée de plus à Girolata. Sage décision : même à l’abri du golfe, le Libeccio (équivalent corse de notre mistral provençal) souffle fort sur le petit port de Girolata, nous contraignant à une journée passée en jeux, apprentissage de noeuds marins et lectures à fond de cabine. Julie en profite, pour nous concocter un plat de lasagnes au chorizo (ok, pas très local le chorizo, mais si vous y aviez goûtés, vous diriez juste « il en reste ? ») et nous nous endormons repus et reposés.

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Agathe 02/09/2008 18:01

Tu me donne faim c'est terrible!! ;-)
Très joli coin, et récit vraiment sympa! la suite!

Mimi 02/09/2008 11:47

rolalala... quelle chance !
Et en plus, vous réussissez l'exploit de manger des trucs délicieux, en pleine mer. Respect total ;)
(vivement la suite :) )
(et enfin un blog montpelliérain ! ^^)

coco 01/09/2008 22:06

la suite ! la suite !
je reconnais les poissons qui viennent jouer avec nous, la plage, tout !
sauf la capitainerie, la dernière fois où nous y sommes allés on se débrouillait seuls pour se placer .
(mais on était début juillet, donc il y avait peut-être moins de monde ...)

Petite fée 01/09/2008 10:40

Il a l'air génial ce village! Un vrai coin de paradis avec en plus la "vifi", que demande le peuple?!

Mlle Figolu 31/08/2008 15:54

Vraiment génial le récit de ces aventures corses ... Juste merci ! :)