Embarquement pour la grande traversée

Publié le par Boo

Le port de CassisSamedi 09 aout

Pour vivre à 4 à bord d’un petit voilier de 10m, mieux équipé pour la régate que pour la croisière, il faut savoir voyager léger. C’est ainsi que nous débarquons samedi à la gare de Cassis, un sac de fringues sous le bras, un sac de pêche (palmes, masques, tubas, shortis et fusils harpons) sous l’autre.

Gare de Cassis, navette jusqu’au port de plaisance, dernière panne après la capitainerie... Les voilà, nos témoins, radieux, déjà burinés par le soleil, le cheveux libéré et la frimousse impatiente.
A peine le temps d’embarquer, et nous larguons déjà les amarres, cap sur Calvi : la météo annonce un fort coup de vent d’Ouest, mais que diable, si l’on fait la route à la voile, autant que ça souffle ! D’autant que nous avons 150 milles à abattre avant de toucher terre...

Les premières heures de navigation se passent bien : grand soleil, mer calme, et un petit vent juste assez frais pour nous distraire du soleil qui cogne. On est heureux, beaux, bronzés, libres, on se la pète grave et on assume à mort.
Mais très vite, la mer passe de belle à peu agitée, puis à franchement secouée.Là, déjà, on rigole moins, on se cramponne et on évite les déplacements inutiles.
C’est alors que nous perdons tragiquement deux membres d’équipage : Julie et mon chéri, terrassés par le mal de mer. Recroquevillés au fond du cockpit, ils deviennent blanc, puis vert, puis jaune, puis gerbent.

Le compas
Ca s’annonce mal pour les quarts de nuit ! Parce que, pour rejoindre Calvi, il nous faut compter bien 35h de route. Et pas question de s’arrêter en pleine mer, entre la Corse et le continent, pour dormir quelques heures : le grand bleu est trop profond pour y mouiller l’ancre, et on ne peut évidemment pas laisser le bateau dériver. Il faut donc se relayer à la barre, auprès du capitaine qui ne veut pas prendre le risque de confier la navigation de nuit à des matelots d’un jour (surtout quand les deux tiers de cet équipage ne supportent même pas de lever le bout du nez sans aller nourrir les poissons).
A 22h, je commence donc mon premier quart auprès de Fred, pendant que les deux délicats au pied trop terrestre partent s’enterrer au fond de leur couchette, essayant de faire fi des hurlements du vent et du claquement des câbles contre le mât.

C’est long, 3h, recroquevillée contre la barre, à scruter une mer noire à l’infini.
Mais c’est unique, aussi.

A minuit, changement de quart. Pour tenter de ravigoter Julie, qui prend son tour de quart avec la sensation de monter sur l’échafaud, je tente l’impossible : cuisiner une belle marmite de pâtes au parmesan sur un bateau qui gîte à 90°, avec une lampe frontale et la peur de me prendre un litre d’eau bouillante sur les genoux à chaque vague.
Opération réussie : je m’en sors vivante, triomphante, et les patoûnes requinquent tout l’équipage (quand je vous disais que j'étais la Master of pasta !), y compris mon chéri, tiré de sa couchette par l’odeur alléchante.

Ce qui ne l’empêche pas de retourner se coucher sitôt sa ration avalée, laissant Julie attaquer le deuxième quart auprès de Fred.
Un brin de vaisselle (oui, à 1h du mat’, dans un évier de 3cm² et avec une gîte de folie, je sais, j'aime les défis), et hop, au lit : dans 3h, il faudra à nouveau être aware remplacer Julie.


Deuxième épisode à suivre lundi : au milieu du grand bleu, il s’en passe des choses sous l’océan !

Un Gnome dans le vent...

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Petite fée 25/08/2008 11:54

Non je n'avais pas bu quand j'ai écris ce commentaire...

Voilà la traduction : Wahou, là je peux dire que je ne t'envies pas!! je serais morte de trouille...

Melly 24/08/2008 19:59

Depuis le 21, tu t'es noyée ? !!!

Ori 24/08/2008 12:39

Il faut combien de temps pour faire le tour du monde à la voile ? Nan pcq si elle dégueule tout du long ta témoine, ça risque de lui paraître long, non (inoubliable, à coup sûr)

Agathe 22/08/2008 17:56

Excellent!!! ;-) la suite!!

lili est insolente 22/08/2008 13:56

quelle aventure ! je vous trouve courageux...
j'ai hate de lire la suite