La fois où j'ai vu mon premier kiki

Publié le par Boo

Cib - A vendre
Hé oui. Ca c’est du titre, hein ?
Mais sans blague… Je m’en souviens comme si c’était… il y a 15 ans.

Attention cependant, dans un pur souci d’honnêteté, précisons un ou deux points : je parle d’un kiki, un vrai, un inconnu, un « potentiellement exploitable ». Et pas un familial. Oui parce que, quand on a été élevé à la mode de ceux qui ont vécu mai 68, famille de plongeurs de surcroit, et qu’en plus, on a à la maison qu’une seule et unique salle de bain, du cul nu, on n'en a pas manqué.

Dans ma famille, y’a qu’un seul garçon, c’est mon papa. Et jusqu’à mes 12 ans, c’était le seul kiki que j’avais jamais vu.

Mais quel kiki ! Pour moi, à l’époque, c’était la norme, évidemment, puisque je n’avais pas de point de comparaison. Mais avec le temps, les expériences et les découvertes, j’en suis venue à cette conclusion : c’est quand même mon papa qui a la plus grosse ! Révélation qui a sournoisement emmené son lot d’interrogations : est-une question d’âge (ben oui… rapport au relâchement de la peau qui vieilli, à l’attraction terrestre, tout ça quoi, vous voyez ?) ou puis-je dire en toute honnêteté que ma maman est quand même une femme bien chanceuse ?

Bon ! Il est temps de mettre un terme à ce préambule, là, je crois…

Bref… La vraie première vision de la chose, donc, si on exclut le cercle familial, ce fut dans les vestiaires des filles (non non pas de transsexuels au collège, roh quand même, attendez attendez !), à la fin d’un cours d’EPS.

J’avais 14 ans, donc.
Et je me rhabillais après 2h de gym au sol.
Mais ça, ça ne comptait pas trop.

Ce qui comptait vraiment, c’est qu’à 2m de là, Roxane se rhabillait aussi.

Roxane, 14 ans comme moi, mais… Déjà un 90C, une autorisation parentale sans limite pour se tartiner la gueule de maquillage, la coiffure coque hyper tendance, et la langue bien pendue. Roxane et sa basse-cour de greluches courtisanes. Roxane et sa reput’ "elle couche", qui, loin de la mortifier, lui procurait apparemment beaucoup de fierté. Roxane et ses confessions « ouais quand il bande, ça se plaque contre le ventre tellement c’est tendu ! J’te jure ! ». Roxane, donc, forcément, un vrai aimant à ados en rut.

Et que fait un ado en rut, avec ses deux neurones et cette toute nouvelle et excitante démangeaison au fond du calbut, quand il veut se faire remarquer ?
Rien de bien intelligent, en général.

Ce jour-là, c’est Mickaël qui s’y est collé.

Mickaël le bad-boy, mauvais élève, redoublant, prétentieux, mais « oh il est tellement mignon avec ses cheveux au carré ! ». Mickaël, qui avait déjà foutu le feu en classe, craché sur un pion, et été renvoyé trois jours pour cause de strip-poker au fond du CDI. Mickaël toujours suivi de son gang de loosers boutonneux, scotchés à cet icône de popularité comme un essaim de mouches drosophiles à un fruit trop mûr.

En toute logique, Roxane et Mickaël étaient fait pour partager bien des choses.

J’en étais au laçage de ma converse droite quand un brouhaha arriva jusqu'au vestiaire des filles.

Et surgit Mickaël. Vêtu d’une seule serviette de bain en guise de pagne. Suivi par le gang des boutonneux.
Mickaël qui a le sourire carnassier et qui, se plantant au milieu de notre vestiaire, s’écrit : « Hé les filles ! Qui c’est qui veut taquiner un peu ma belle asperge, hein ? », tout en ôtant sa serviette comme un magicien son chapeau.

Je m’en souviens comme si c’était hier, même si c’était il y a 15 ans.

Oh bien sûr, Mickaël n’était pas un bad boy pour rien. Il était redoublant. Il avait donc forcément quelques mètres d’avance sur les autres mecs de la classe. Enfin, n’exagérons pas. Quelques centimètres d’avance.
Avec ce qui faut de touffeur poilue, là où il faut.
Et pas peu fier de son engin, évidemment.
Persuadé que toutes les nanas se pâmeraient, sûrement.
Il devait s’attendre à une admiration dissimulée, à un élan de gourmandise réprimé par la nécessité de ne pas passer pour une chagasse, à un « je joue l’effarouchée en public pour pas me faire une sale réput’, mais tu fais quoi ce soir dans les chiots du bahut, entre 16h45 et 16h55 ? »
Il voyait déjà sa côte monter en flèche. C’était le deuxième gros coup à son actif, cette année, après celui du feu dans la poubelle de Mme Lantrade. Et là ça visait directement le public intéressant intéressé.

Il s’attendait à tout sauf à ce que ces demoiselles, telles des mésanges effarouchées, se mettent à zinzinuler de concert en plaquant une main fébrile sur leurs yeux horrifiés.
Oui, effarouchées. Oui, horrifiées. Oui, fébriles.
Surtout Roxane.

Parce que la demoiselle, avec ses airs de Marquise de Merteuil, ses révélations ronronantes aux creux des oreilles groupies, avec ses œillades gourmandes et son air entendu, la demoiselle, belle menteuse et vraie pucelle, c’était bien la première fois qu’elle voyait ça.

Et, à elle comme aux autres, ça lui a paru bien gros. Bien laid. Bien menaçant.

« Beeeeuark » a fait l’ensemble du vestiaire des filles.
Flop, a fait le beau kiki de Mickaël.
« Vous savez pas ce que vous perdez, les pintades », a fait son propriétaire qui, se drapant dans sa dignité et sa pauvre serviette, entama aussi sec une sortie princière.

Par la suite, la côte de Mickaël se détériora légèrement. Pour ne pas dire qu'elle s'effondra franchement. Comme s’il avait été atteint d’une quelconque tare, malformation ou maladie contagieuse. Son essaim de boutonneux, par contre, s’intensifia, au point de devenir, pour le reste du bahut, « le gang des glands ».
Roxane arrêta de glousser à l’approche d’un beau mec. Ne confia plus d’anecdotes croustillantes à personne. Ne suggéra plus qu’elle savait manier la chose. Finalement, elle n’était plus si pressé d’en rencontrer une.

Quant à moi... C’était mon premier kiki.
Depuis, quand même, j’ai vu mieux.



En partenariat avec Tann's
Illustration : A vendre, par Cib, pour laFraise.com

Publié dans La fois où...

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Isa 25/03/2008 11:22

Excellent! C'est la première fois que je poste sur ton blog car ton article m'a fait pleurer de rire!
Bravo bravo !

Mademoiselle Clo 22/03/2008 01:02

Je ne pensais pas qu'on pouvait encore me faire rire à une heure pareille, alors que mes yeux ne clignent plus, et que mon cerveau a déjà rejoint mon copain Morphée U___U!!:b Il est excellent ce billet!

Clyne 21/03/2008 00:20

J'adore la manière dont tu racontes, on s'y croirait !
La fin de ton billet me fait même penser à un conte :)
Très bon défi-mot, bravo !!

Sinon mon 1er kiki c'était papa aussi mais le 2ème c'était un pervers dans un souterrain en bas de chez moi quand j'avais 9 ans, je m'en souviens aussi comme si c'était hier !!! :D

zo 20/03/2008 23:40

j'rigole j'rigole j'rigole c'est à mouurir de rire

Touwity 20/03/2008 21:11

Ah bah, jsais plus j'croyais avoir lu sur le forum que c'était walinette et les modos qui votaient pour élir la gagnante O_o